• « Cross over the Ring ! » La rencontre Boulez-Chéreau à Bayreuth, par Robert Piencikowski

    « Cross over the Ring ! » La rencontre Boulez-Chéreau à Bayreuth
    par Robert Piencikowski

    Contrairement aux idées reçues, la rencontre Boulez-Chéreau sur le stade de Bayreuth n’avait pour les deux intervenants aucun caractère d’évidence – du moins à ses débuts. Les options théâtrales proposées initialement par Boulez à Wolfgang Wagner – Peter Brook, Ingmar Bergman – se situant apparemment assez loin de l’esthétique de Chéreau. Après que Boulez ait finalement obtenu gain de cause auprès de l’administration du Festspielhaus, leur collaboration s’établit sur une base de confiance réciproque, le chef donnant le champ libre au metteur en scène dans la perspective d’une interprétation renouvelée du cycle wagnérien. Par-delà une réussite incontestable, une fois vaincus les derniers obstacles rencontrés en cours d’élaboration du projet, le résultat se révèle d’une extraordinaire hétérogénéité : si la direction de Boulez met en évidence le caractère ambivalent de la trame musicale, à la fois prospective et rétrospective, la mise en scène de Chéreau souligne l’extraordinaire diversité des sources wagnériennes, en projetant sur elles une lecture interprétative audacieusement hétéroclite (Shakespeare, Baudelaire, Fritz Lang, le théâtre Bunraku). Mon intervention se propose de mettre en relief ces convergences/divergences, en faisant référence à des documents inédits en provenance de la Collection Pierre Boulez déposée dans les archives de la Fondation Paul Sacher à Bâle

    The Boulez-Chéreau Meeting in Bayreuth

    Contrary to general opinion, the Boulez-Chéreau meeting on the Bayreuth stage had no sense of evidence to both challengers – at least at its beginning. The staging orientations first suggested by Boulez to Wolfgang Wagner – Peter Brook, Ingmar Bergman – being obviously far from Chéreau’s aesthetics. Afther having finally managed to receive the agreement from the Festspielhaus administration, their collaboration was based on mutual confidence, the conductor giving complete freedom to the stage director in the perspective of a renewed interpretation of the wagnerian cycle. Beyond the undisputable success, once the last obstacles during the project’s elaboration had been overcome, the result reveals an extraordinary heterogeneity : if Boulez’ conducting highlights the ambiguous dimension of the musical texture, at once prospective and retrospective, Chéreau’s staging underlines the extraordinary diversity of the wagnerian sources, projecting on them a daring disjointed interpretation (Shakespeare, Baudelaire, Fritz Lang, the Bunraku theatre). My paper intends to underscore these convergences/divergences, by referring to unpublished documentation from the Pierre Boulez Collection held at the archive of the Paul Sacher Foundation in Basle.


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