• Patrice Chéreau, les institutions et le service public : les contradictions d’un homme de conviction, par Marion Denizot

    Patrice Chéreau, les institutions et le service public : les contradictions  d’un homme de conviction
    par Marion Denizot

    Homme engagé dans sa recherche artistique, Patrice Chéreau le fut tout autant dans la défense du théâtre public, n’hésitant pas à critiquer le manque de soutien de l’État à la culture ou à condamner le positionnement et les pratiques de certains artistes. Ayant dirigé ou co-dirigé des institutions réputées, il incarne l’évolution du théâtre de service public vers un théâtre de créateurs, investis d’une mission de renouvellement du langage scénique. On oublie alors le premier engagement de Patrice Chéreau : celui d’un militant de l’action culturelle au sein de la banlieue parisienne de Sartrouville, croisant enjeux pédagogiques, implantation locale et implication sociale. Cette aventure, menée avec Jean-Pierre Vincent entre 1966 et 1969, débouche sur un constat critique : la mort du théâtre populaire. Elle explique, pour partie, l’approche que Patrice Chéreau revendique dans son expérience à Villeurbanne : une forme d’irresponsabilité assumée. Dès lors, comment celui-ci aborde-t-il sa fonction de directeur d’un centre dramatique national, quand il accepte celle du Théâtre des Amandiers ? Quelle conception du théâtre de service public y défend-t-il ?

    À partir de la notion de responsabilité, centrale dans la définition du service public pour la culture, notre communication se propose d’analyser les discours de Patrice Chéreau sur les institutions théâtrales et le service public, pour mettre au jour, en lien avec les mutations sociétales, culturelles et politiques, mais aussi au regard de son parcours artistique pluriel, les évolutions et les inflexions de celui-ci, non exemptes de contradictions.

    Patrice Chéreau, the institutions and public utilities: the contradictions of a man of conviction

    Patrice Chéreau has been as committed a man in his artistic research, as he has been in defending public drama, daring to criticise french State's lack of support to culture or to condemn other artists' position or practice. Because he directed or co-directed famous institutions, he embodies the evolution of state drama into a drama of creators, dedicated to the mission of renewing stage language. Then one forgets Patrice Chéreau's first commitment : being a campaigner for cultural action inside the parisian suburb of Sartrouville, mixing educational concerns, local settings and social involvement. This experimentation, led with Jean-Pierre Vincent between 1966 and 1969, comes out on to a crucial assessment : the death of popular drama. It partly explains the approach Patrice Chéreau defends in his experimentation in Villeurbane : a sort of irresponsibility with no inhibitions. From then on, how does he take on his function as director of a public drama center, when he agrees to lead the Théâtre des Amandiers ?

    Our lecture intends to analyse Patrice Chéreau's discourse about drama institutions and public utilities, from the notion of responsibility, which is at the heart of the definition of public utilities for culture. It aims at bringing to the fore, in relation to societal, cultural and political changes, and in respect of his pluralist artistic path, the evolutions and inflexions of his discourse, not free from contradictions.


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