• « Vous m’avez interprété, pas trahi. » Les Paravents de Jean Genet mise en scène par Patrice Chéreau…, par Marguerite Vappereau

    « Vous m’avez interprété, pas trahi. » Les Paravents de Jean Genet  mise en scène par Patrice Chéreau au Théâtre Amandiers-Nanterre (1983)
    par Marguerite Vappereau 

    Lorsque Patrice Chéreau prend la direction des Amandiers à Nanterre, il inaugure une programmation ambitieuse avec Combat de nègres et de chiens de Bernard-Marie Koltès et Les Paravents de Jean Genet en 1983 et donne une place centrale à la figure de l’étranger. Somme épique à saisir dans la continuité des mises en scène du Ring (1976) et de Peer Gynt(1981), Les Paravents est à mi-chemin entre la tragédie et le carnaval. Par le choix de cette pièce dont les circonvolutions du texte laisse parfois dans l’embarras, Chéreau prolonge son travail en direction d’un « théâtre allégorique ». Dix-sept ans après la mise en scène de Roger Blin à l’Odéon, qui avait provoqué en 1966 une crispation politique sans précédent, Patrice Chéreau impose une lecture de la pièce au présent : il déplace l’action des Paravents des colonies nord-africaine à un cinéma de Barbès, la représentation de la scène à la salle. À partir de la minutieuse analyse établie par Odette Aslan, nous voudrions réévaluer le travail de mise en scène de Patrice Chéreau grâce à une source encore inexploitée : les enregistrements sonores du spectacle conservés aux archives départementales des Hauts-de-Seine. Comment l’analyste peut-il se saisir de ces matériaux fragiles ? Comment peuvent-ils éclairer le processus de travail au côté des sources écrites et photographiques ?

    “you haven't betrayed me, you interpreted me”. 
    Les Paravents byJean Genet, directed by Patrice Chéreau at the Théâtre Amandiers-Nanterre (1983)

    When, in 1983, Patrice Chéreau takes the direction of the Amandiers in Nanterre, he opens with an ambitious programmation: Combat de nègres et de chiens by Koltès and Genet's Les Paravents. He dedicates a central place to the role of the stranger and prolongs the turn his work took towards an “Allegorical theater”. Les Paravents, an epic summae, halfway between a tragedy and a carnival, is to be placed between the Ring and Peer Gynt. During the creation, Chéreau is often dumbfounded by the convolutions of the text. 

    Seventeen years before, in 1966, Blin had also directed Les Paravents, and provoked an important political crisis. Patrice Chéreau proposes a contemporary reading of the piece: he displaces the set from a North African colony to a cinema in Barbès, and moves from a stage to the movies. Starting with the analysis established by Odette Aslan, we would like to reevaluate the work of Chéreau with the help of a source that still hasn't been utilized: the sound recordings of the spectacle, kept at the departmental archives of de Hauts de Seine. How can the analyst handle these fragile materials? How can they enlighten the work process, side by side with the written and photographic sources?

     


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