• Les Trois Mousquetaires antichambre de La Reine Margot
    par Aurore Renaut

    Avant La Reine Margot, Patrice Chéreau a voulu adapter un autre roman d’Alexandre Dumas, Les Trois mousquetaires mais le film ne se fera pas. A travers les archives conservées du projet – début de scénario, notes de travail de la main de Chéreau et de son scénariste, Jean-François Goyet –,  il est toutefois possible d’entrevoir le film que le cinéaste avait en tête et de comprendre combien la réflexion engagée sur Les Trois mousquetaires irriguera la création de La Reine Margot.

    Les Trois mousquetaires, the dry run of La Reine Margot
    Before La Reine Margot, Patrice Chéreau wanted to adapt an other Alexandre Dumas’s novel, Les Trois Mousquetaires but the movie will not be made. Through archives of the project – beginning of the script, notes written by Chéreau himself and is co-writter, Jean-François Goyet -, it is however possible to imagine the movie the director had in mine and to understand how the reflexion for Les Trois Mousquetaires will irrigate the creation of La Reine Margot.


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  • Jeudi 17 novembre 2016 • 14 h 30-16 h 15    Retours d’Italie, sous la présidence • Myriam Tsikounas

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  • La mémoire du théâtre : voix  et témoignages du passage de Patrice Chéreau au Piccolo Teatro
    par Livia Cavaglieri, Stefano Locatelli, Donatella Orecchia (Ormete)

    La présence de Patrice Chéreau au Piccolo Teatro de Milan coïncide avec l’extraordinaire absence de Giorgio Strehler qui avait fondé et façonné le théâtre et son équipe. Quand le jeune metteur en scène français arrive à Milan, il trouve donc le fantôme de l’un de ses maîtres et une pluralité de tendances dans la mise en scène et dans la dramaturgie, inédite pour le Piccolo Teatro dirigé alors par Paolo Grassi.
    Cette double circonstance (croisement des parcours d’affinités dans l’absence et ouverture d’une maison fortement caractérisée par son identité) nous a semblé favorable pour questionner concrètement la création artistique – et notamment l’influence des contextes de production sur l’évolution de la poétique des artistes et vice versa – ; la transmission, ou bien la suspension, des savoirs à travers les formes de la mise en scène.
    Peut-on questionner la mémoire de ceux qui ont travaillé avec Chéreau et Strehler pour dégager leurs influences réciproques, les échanges (et les tensions) ? Peut-on questionner la mémoire – celle des corps des acteurs et celle concernant les pratiques des collaborateurs –, comme lieux subjectifs de rencontres esthétiques théâtrales ?
    Ormete essayera de répondre à ces questions, en dialoguant avec les acteurs, techniciens et autres collaborateurs qui ont pris part aux spectacles de Chéreau au Piccolo. L’intervention sera enrichie par la diffusion d’extraits d’interviews.

    The memory of the theatre: voices and records of Patrice Chéreau’s passage at Piccolo Teatro

    The presence of Patrice Chéreau at Piccolo Teatro of Milan covers with an extraordinary absence of Giorgio Strehler, who founded and shaped the theatre and his staff. As the young French director arrives in Milan, he founds the spectre of one of his masters. He founds at the same time a plurality of dramaturgical and directing tendencies, unknown for the Piccolo, led at that time by Paolo Grassi.
    This double circumstance (the crossroad of similar paths in absence and the openness of an institution characterized by a strong identity) is highly productive for examining some themes of the artistic creation in an effective case. In particular: the influence of production’s contexts on the evolution of artist’s poetic and vice versa ; the transmission, or the suspension, of actor techniques and technical knowledge through the forms of direction.

    Does it make sense to question the memory of the ones who travelled with the two directors in order to recognize the influences, the exchanges (and the tensions) between the two poetics? Does it make sense to consider the memory of the bodies of the actors and the practises of the collaborators as subjective places of confluence of theatre poetics ?
    Placing the focus on the interview (the long, open and flexible interview) and the oral history methodology, Ormete met the actors (Valentina Cortese, Ferruccio Soleri…), the technicians and other collaborators, who were involved in Chéreau’s directions at Piccolo.
    The speech will be accompanied with some audio extracts from the interviews.


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  • Initialement prévue, cette communication n'aura pas lieu

     

     

    Joaquin Murieta, Toller, Lulu : une trilogie – politique ? pour le Piccolo Teatro  de Milan (1970-1972)
    par Claudio Longhi

    C’est aux années agitées et incertaines de la période après 1968, lors que même en Italie commence la saison de l’opposition politique exaspérée et de la lutte armée, que le jeune enfant prodige du théâtre français, Patrice Chéreau, après un premier essai rossinien au Festival de Spoleto pendant l’été 1969, arrive au Piccolo Teatro de Milan, dont Strehler n’était plus le Directeur et pendant la deuxième saison sous la seule direction de Paolo Grassi.

    Cette communication présente justement les résultats d’une recherche sur l’importante parenthèse italienne de Chéreau qui tient compte de l’influence exercée par Paolo Grassi sur les choix du jeune metteur en scène. Une expérience dans le signe d’un théâtre politique, qui, pendant ce début dur et tourmentée des années ’70, plus qu’une politisation de l’esthétique paraît proposer – même en contre tendance par rapport aux luttes sociales hors de planche – une esthétisation du politique, en continuité, surtout sur le plan du goût, avec quelques maîtres de la récente tradition italienne de la mise en scène à partir de Visconti jusqu’au même Strehler.

    Le premier symptôme de cette tendance à l’esthétisation se voit dans les décisions prises en choisissant les dramaturgies. En effet le 10 avril 1970 le baptême milanais de Chéreau arrive avec la «ballade révolutionnaire» de caractère romantique Splendore e morte di Joaquín Murieta de Pablo Neruda. A cette mise en scène fait suite le «cabaret» Toller de Tankred Dorst (dans la même saison de la Santa Giovanna dei Macelli de Brecht/Strehler au Teatro Lirico, mise en scène très discutée pour son esthétisme). Le travail italien de Chéreau se conclu d’une façon significative en février 1972 avec Lulu de Frank Wedekind – drame à mi-chemin entre l’avant-garde et le décadence, vieille passion de Grassi, déjà à partir des années de son aventure culturelle auprès de la maison d’édition Rosa e Ballo. Lulu est la dernière production voulue et suivie en premier personne par le fondateur du Piccolo Teatro avant d’émigrer vers le temple de la lyrique milanaise – le théâtre «Alla Scala» – laissant la direction du Piccolo à Strehler, qui venait de retourner à via Rovello.

    Joaquín Murieta-Toller-Lulu: a – politic? – trilogy for the “Piccolo Teatro di Milano” (1970-1972)

    It is in the turbulent and uncertain years after 1968, when also in Italy the season of exasperated political opposition and armed struggle begins, that the enfant prodige of French theatre, Patrice Chéreau, after a first rossinian attempt at the Spoleto Festival, in the summer of 1969, arrives at the Piccolo Teatro of Milan, whose Strehler is no longer the director. It is, in fact, the second season under the sole direction of Paolo Grassi.

    This talk presents the results of a research on the important Italian parenthesis of Chéreau, considering also the influence exerted by Paolo Grassi on choices made by the young French director. It is an experience under the sign of political theatre, but, during the hard and tormented early ’70s, it is not a politicization of aesthetics as much as —even against the trend of the social struggles outside the stage— an aestheticization of politics, in continuity, especially as regards the gusto, with some masters of the recent Italian tradition of staging from Visconti to the same Strehler.

    The first symptom of this tendency to aestheticism is reflected in the dramaturgies chosen. In effect the Milanese baptism of Chéreau the 10th of April 1970 arrives with the romantic «revolutionary ballad» Splendore e morte di Joaquín Murieta by Pablo Neruda. At this stage the «cabaret» Toller by Tankred Dorst follows (in the same season of Santa Giovanna dei Macelli by Brecht/Strehler at Teatro Lirico, so much discussed for its aestheticism). The Italian parenthesis of Chéreau is concluded in a meaningful way in February 1972 with Lulu by Frank Wedekind —a drama divided between the vanguard and decadence. It is a Grassi’s old love, already in the years of his cultural adventure with the publishing house Rosa e Ballo. Lulu is also the last production wanted and followed in first person by the founder of Piccolo Teatro, before his emigration to the temple of the Milanese opera —Teatro alla Scala—, and the consequent bequest of the direction of Piccolo to Strehler, who is in the way to return in via Rovello.


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  • Entre la France et l’Italie : Patrice Chéreau et la création de Richard II (janvier - février 1970)
    par Marie-Françoise Lévy

    Dans cette période d’entre-deux qui succède aux années à Sartrouville, Patrice Chéreau œuvre en Italie mais aussi en France : à Marseille et à Paris. Il crée Richard II de Shakespeare au Théâtre du Gymnase, dirigé par Antoine Bourseiller. Travail qu’il présente à l’Odéon Théâtre de France du 29 janvier au 14 février 1970. Ce qui nous intéresse ici est la rencontre entre le metteur en scène, un texte et un auteur auxquels il se confronte pour la première fois. La lecture que Patrice Chéreau transmet de la pièce, la façon dont il l’interprète et lui donne sens constitueront une partie de notre travail visant à éclairer ses réflexions sur l’exercice du pouvoir et ses ombres portées. À la pièce qui suscite l’attente et la curiosité succèdent critiques parfois sévères et polémiques. Nous nous attacherons à montrer où et comment elles s’expriment et quels sont les termes du débat. L’étude de la réception donnera des indices sur les enjeux culturels et politiques que l’œuvre, dans sa dimension artistique, révèle aux premiers jours de la décennie 1970.

    Between France and Italy: Patrice Chéreau and the creation of Richard II (January-February 1970) 

    During this transition period following the years he spent at Sartrouville, Patrice Chereau worked in Italy but also in France: in Marseille and in Paris. He staged for the first time Shakespeare’s Richard II at the Theatre du Gymnase, then run by Antoine Boursellier. The play was performed on the stage of the Odéon Théâtre de France, from January 29th to February 14th 1970. Our aim is to explore the encounter between a stage director, a text and a playwright he had never worked on before. Patrice Chéreau's reading of Shakeaspeare's play, the way he interpreted it and the meaning he gave to it will constitute part of our work designed to shed light on his vision of the exercise of power and al the shadows it casts. Although the play had been awaited with great expectations and a fair amount of curiosity, it's reception turned out to be severe and polemical. We will endeavour to show where and how such critical comments were expressed and to define the terms of the debate. The study of the reception will provide some clues for a better understanding of the cultural and political issues highlighted by his work, in its artistic dimension, at the dawn of the 1970s.


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